Claire, parle nous de ton parcours: que faisais-tu avant de créer graines d’Horizons ?

Avant de créer graines d’Horizons, j’explorais différents endroits du monde. En effet, j’ai toujours été attirée par la découverte d’autres cultures et modes de vie. Il y a quelques années de cela, lorsque j’ai pris la décision de partir de France, pendant mes études d’ingénieur, j’ai d’abord vécu dans des pays voisins, notamment l’Angleterre et la Belgique, durant un semestre respectivement. En 2008-09, j’entendais également de plus en plus parler de l’Asie, et sans pouvoir expliquer précisément pourquoi, j’ai su que je voulais aller vivre là-bas ! A la fin de mes études, j’ai eu la chance de trouver un travail dans le secteur de l’énergie, couvrant les sujets de marketing stratégique pour l’Asie du Sud-Est, l’Australie et également l’Asie du Nord-Est, depuis Singapour. Je me suis donc installée là durant plus de trois ans, et j’ai beaucoup voyagé dans cette incroyable région. A chaque voyage, j’ai vécu de très beaux moments mais, j’ai également observé de plus en plus souvent les limites atteintes par un développement économique fulgurant.

Pourquoi as-tu décidé de devenir entrepreneur?

Tout d’abord, devenir entrepreneur a toujours été mon « rêve d’un jour » parce j’ai toujours vu les réalisations de mon arrière-grand-mère, qui était elle-même entrepreneure, au tout début du 20ème siècle. Même si je ne l’ai jamais rencontrée, elle m’a inspirée par son élan entrepreneurial audacieux. J’ai eu de nombreuses idées de création d’entreprise, au fil du temps, mais ce « rêve d’un jour » m’a très longtemps semblé être hors de ma portée.

Comme j’en parlais auparavant, au cours de mes voyages et de ma vie à l’étranger, j’ai de plus en plus pris conscience des impacts négatifs engendrés par un développement trop rapide de nos économies. En Asie, et dans d’autres parties du monde, de nombreux cas de pollution des ressources en eau, de l’air, et des sols étaient, et sont toujours, reportés, affectant par là-même la santé des populations dans le monde entier.

De plus, j’ai atteint un état d’esprit qui fait que je ne pouvais plus accepter de regarder nos ressources naturelles détruites, et notre monde de plus en plus pollué, car je suis très attachée à la nature… Quel héritage est-ce que je souhaite laisser à nos enfants ? Sûrement pas un lot de problèmes qu’ils devront résoudre seuls, par eux-mêmes.

A ce moment-là, mon « rêve d’un jour », créer mon entreprise, ne pouvait plus être repoussé à plus tard : c’était maintenant, ou maintenant. En effet, en ligne avec une pensée de Gandhi, à savoir : « Incarnez le changement que vous souhaitez voir en ce monde », pour moi, le seul moyen de contribuer à changer les choses est l’entrepreneuriat. C’est la raison pour laquelle, étant en quête de sens, et afin de contribuer à l’apport d’alternatives de consommation responsable, quelques mois plus tard, je me suis lancée dans cette incroyable aventure qu’est la création d’entreprise.

Comment décrirais-tu la mission de graines d’Horizons en quelques lignes ? Quel a été l’impact jusqu’ici ?

graines d’Horizons est née dans mon esprit dans le but d’apporter une alternative de consommation responsable et créative dans le secteur de la mode et de l’habillement. Premièrement, j’ai optimisé le design de chaque robe, afin que la consommation du textile soit judicieuse, permettant également d’offrir plus de flexibilité et de personnalisation à nos garde-robes. Ensuite, une partie de mes textiles proviennent d’innovations vertes : l’un est tissé à partir de fils issus de bouteilles en plastique recyclées, avec des fibres de coton longue durée ; l’autre est basé sur une fibre innovante imitant le coton, afin de réduire l’impact du coton naturel sur les ressources en eau. Enfin, j’ai décidé de construire une chaîne de valeur locale, afin de réduire son empreinte carbone.

L’impact à ce jour, grâce à ma première collection, est incarné par l’équivalent de 325 bouteilles en plastique recyclées au sein du tissu utilisé pour l’un des modules de mes robes, entre autres. Je continuerai à développer les collections dans cette optique, afin d’augmenter ce volume. De plus, en produisant de manière locale, graines d’Horizons contribue à préserver les savoir-faire et l’emploi français, ainsi qu’à diffuser les innovations développées au sein de l’industrie textile française.

Sur quel business model repose graines d’Horizons ? 

Concrètement, les robes développées par graines d’Horizons sont vendues en ligne sur mon site e-commerce, et également en boutique, à Marseille, ainsi que ponctuellement à Paris.

Combien as-tu investi pour créer graines d’Horizons, et au bout de combien de temps est-ce devenu rentable ? 

L’investissement initial, lorsque nous traitons de développement produit, augmente naturellement avec la complexité du produit qui est développé. En ce qui concerne la création d’une marque de mode, la plupart des gens vous diront, comme ils me l’ont dit lorsque je me suis lancée, qu’il faut 200 000 euros au minimum. Cependant, il n’est pas nécessaire d’avoir autant pour commencer. L’argent n’est pas tout ce qui compte lorsque l’on crée une entreprise. Vous pouvez investir des millions pour créer votre entreprise, et n’avoir aucun acheteur, et ensuite ? Ensuite, rien. Si vous n’avez pas des millions, ni même des milliers d’euros, ce n’est pas un problème, l’une des toutes premières étapes étant d’écouter les besoins du marché. Ainsi, vous développerez et pourrez vendre un concept qui apporte une valeur-ajoutée, tout en générant les revenus requis pour développer plus amplement votre concept une fois celui-ci validé. Et, dans de nombreux secteurs, une preuve de concept ne requiert pas de larges investissements en amont.

En ce qui concerne la rentabilité, c’est le défi d’une vie entière !

Aujourd’hui, qu’est-ce que tu apprécies le plus dans ton aventure entrepreneuriale?

L’entrepreneuriat est, pour moi, une aventure humaine extraordinaire. C’est ce que j’aime le plus !

Si tu avais un conseil (et un seul!) à donner à ceux qui lisent cette interview, qui trouvent ton histoire inspirante et rêvent eux-aussi de créer une entreprise qui fait une différence sur la planète : que serait-il ?

Un jour, j’ai lu un livre qui énonce que nous tendons à nous laisser absorber par de nombreuses choses dans la vie, qui ne sont pas toujours celles qui comptent véritablement pour nous. Lorsque nous finissons par réaliser cela, c’est-à-dire en général lorsque nous sommes âgés et que la majeure partie de notre vie est derrière nous, il est donc trop tard. Nous ne savons jamais combien de temps nous vivrons, mais nous savons ce qui compte à nos yeux. A mon sens, il nous faut donc écouter la petite voix en nous, afin de saisir nos rêves, en créant les circonstances qui nous permettront de les transformer en réalité.




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Solène est la Chief Empowerment Officer de Creators for Good.

Elle a développé une méthode qui permet aux Citoyen.n.e.s du Monde de lancer et faire grandir leur propre activité porteuse de sens depuis n’importe où sur la planète – et sans avoir besoin d’investisseurs ou de support gouvernemental. En savoir plus !

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