Comment réduire l’empreinte carbone de son entreprise en 3 étapes

par | Conseils clef pour entrepreneures à impact, Lancer une entreprise à impact | 2 commentaires

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Lorsque je me suis lancée dans mon aventure entrepreneuriale en 2014, la question de l’empreinte environnementale de mon activité n’était pas au centre de mes préoccupations. Cela me semblait compliqué à mesurer et à optimiser avec mes moyens et mes connaissances de l’époque.

Je pensais qu’il serait plus efficace de faire grandir mon activité, puis de réfléchir à la manière de réduire mon bilan carbone dans un second temps. De plus, j’avais créé une entreprise de service dématérialisé : je pensais donc que mes émissions de CO2 étaient limitées… Erreur ! 

Maintenant que je regarde derrière moi – avec toute la connaissance acquise durant ces années d’entrepreneuriat –, je me rends compte à quel point je me fourvoyais. Car toute activité professionnelle, quelle qu’elle soit, a forcément un impact sur la planète

Tu as choisi d’avoir un impact positif sur le monde ? Dans ce cas, je te propose d’aller jusqu’au bout de ta démarche – et de ta réflexion. Et ce, dès la création de ton activité économique ! C’est pourquoi je t’explique, en trois points, comment réduire l’empreinte carbone de son entreprise.

Comment réduire empreinte carbone entreprise

1. Mesurer l’empreinte écologique actuelle de son entreprise

Pour savoir comment réduire tes émissions de carbone, mon premier conseil est de calculer le bilan carbone de ton entreprise responsable. Cela est obligatoire pour les entreprises privées de plus de 500 salariés. Toutefois, même si aucune loi ne t’y oblige, en tant que cheffe d’une « petite » entreprise, tu peux faire ce bilan de manière volontaire !

Pour cela, il te faut tout d’abord définir le scope de ton impact environnemental.

Concrètement, qu’est-ce que cela signifie ? Tout simplement de lister toutes les tâches émettrices de gaz à effet de serre, ou GES. Ainsi, il te faut prendre en compte chaque aspect de ton activité.

  • Le Scope 1 ou les émissions directes, qui représentent le total des émissions de gaz à effet de serre dont ton entreprise est directement responsable (fabrication de tes produits, communication, distribution…).
  • Le Scope 2 ou les émissions indirectes liées aux consommations énergétiques engendrées par les éléments du Scope 1 (par exemple l’électricité nécessaire à faire fonctionner les outils de production et de communication de ton activité). 
  • Le Scope 3, qui couvre toutes les émissions indirectes créées tout au long du cycle de vie (aussi bien les émissions de tes prestataires et fournisseurs que les émissions engendrées par tes clients lorsqu’ils utilisent tes produits ou services). 

Voici quelques exemples concrets. 

Tu vends des produits ? Dans ce cas, tes émissions de GES les plus importantes peuvent se situer dans :

  • le transport de marchandises, pour l’achat de matières premières comme la livraison des produits finis (= scope 1) ;
  • la consommation d’énergie lors de la production (= scope 2) ;
  • ou encore la provenance des matières premières et leurs modes d’extraction (par exemple, il vaut mieux privilégier des ressources locales et végétales à des ressources animales ou venant de l’autre bout du monde = scope 3).

Pour un service dématérialisé, il te semble difficile d’agir ? Au contraire ! Tu peux adapter les stratégies du slow web pour :

  • ton site internet qui présente tes services et permet à tes clients de les acheter (tu peux miser sur un site éco-conçu = scope 1) ;
  • pense ensuite à la sauvegarde des fichiers dans le cloud dont les serveurs sont très énergivores (ainsi, limite le nombre de fichiers et les documents lourds = scope 2),
  • mais aussi l’utilisation par tes clients de tes contenus, notamment vidéos et podcast, qui consomment plus de ressources énergétiques que le contenu écrit (= scope3).

La tâche te paraît lourde et tu ignores par où commencer ? Mesurer son empreinte carbone peut, en effet, être une tâche complexe. Pour éviter les prises de tête, et si tes moyens financiers te le permettent, tu peux te tourner vers un bureau d’études spécialisé dans ce type de calcul. Ce dernier t’indiquera quelles sont tes émissions directes et indirectes de GES, ainsi que quelques idées d’actions concrètes à mettre en place.

Il existe de plus en plus de prestataires accessibles aux petites et moyennes entreprises. Je pense par exemple à Carbo ou  Sami ,mais aussi Zei qui a une démarche globale au-delà du carbone (que j’utilise pour Creators for Good – et dont je fais la démo auprès de mes clientes de la formation EcoLeadership).

2. Mettre en place des actions pour diminuer l’impact écologique de son activité professionnelle

Piste 1 : Respecter la règle des 3R

Tu n’as jamais entendu parler de la règle des 3R ? C’est pourtant à la base d’une consommation responsable.

Ces 3R sont issus des termes suivants :

  • réduire ses déchets, en limitant les emballages, en évitant les produits à usage unique et en favorisant des solutions alternatives (du savon dur plutôt que du savon liquide pour les toilettes de son entreprise durable, par exemple) ;
  • réutiliser les objets, pour maximiser leur cycle de vie (en réparant, en achetant un ordinateur d’occasion plutôt qu’un neuf, etc.) ;
  • recycler ce qui est jeté, pour permettre à nos déchets de devenir des ressources.
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Bien que cette règle ait été inventée pour des industries et fabricants de produits, tu peux l’appliquer à tous les champs de ton activité, même numériques. 

Ainsi, comment peux-tu rendre plus écologique ta communication? En évitant de créer du contenu (écrit, vidéo ou podcast) pour 1 utilisation unique : ainsi, réutilise et recycle chacune de tes créations ! 

Cet article de blog, par exemple, va faire l’objet d’une newsletter, qui va être recyclée en posts pour les réseaux sociaux, qui vont eux-même être ressortis en boucle à intervalle régulier… c’est non seulement plus économe en énergie, en créativité, mais aussi en temps! 

Piste 2 : Repenser son circuit de distribution

Pour limiter au maximum la pollution liée à son activité économique, mieux vaut repenser son circuit de distribution / livraison. En effet, il s’agit bien souvent d’un poste parmi les plus coûteux pour les entreprises commerciales.

De plus, tu pourras faire d’une pierre deux coups : respecter davantage la planète, dans un objectif de développement durable, tout en réduisant tes coûts !

Pour y parvenir, voici quelques idées :

  • privilégie les circuits courts et développe des partenariats avec d’autres entrepreneurs locaux (cela permet non seulement de limiter les émissions de CO2 liées au transport, mais aussi de favoriser l’économie locale) ;
  • réfléchis à la manière d’optimiser le dernier kilomètre de livraison, qui représente un enjeu écologique de taille. Tu peux, par exemple, développer des relais de livraison !

Encore une fois, ce conseil s’applique autant aux produits physiques qu’à l’ensemble de tes activités numériques. 

Pour reprendre un exemple marketing : j’évite de donner de l’argent aux géants du net en payant pour de la publicité payante (sur Google, Instagram ou autre…). À la place, j’utilise mon budget pour investir dans les services d’une agence de relation presse, composée d’humains qui contactent des journalistes locaux et si possible engagés… ou encore, j’opte pour du co-marketing en liant des partenariats d’échange de visibilité avec des petites entreprises de mon écosystème.

Piste 3 : S’assurer que ses fournisseurs sont écoresponsables

Pour réduire son impact écologique et préserver l’environnement, une autre action possible est de sélectionner ses fournisseurs selon des critères d’éco-responsabilité.

  • Sont-ils conformes aux normes environnementales européennes (telles que les normes ISO 14000, ISO 26000, ISO 50001, etc.) ?
  • Présentent-ils des valeurs similaires aux tiennes ?
  • D’où viennent leurs matières premières ? Quels sont leurs modes de production ?

Par exemple, dans le cas où tu souhaites lancer une épicerie zéro déchet et locavore, vérifie si les producteurs auprès desquels tu te fournis pratiquent une agriculture biologique. Bref : identifie tes critères de choix et analyse chaque fournisseur potentiel selon ces mêmes critères pour sélectionner les meilleurs.

Ceci s’applique aussi aux freelances à qui tu délègues certaines tâches, aux coachs que tu choisis pour t’accompagner, au co-working d’où tu travailles… bref, à l’ensemble de tes parties prenantes :)

Piste 4 : Créer de nouvelles habitudes de déplacement

Tu as des employé·e·s ? Privilégier le télétravail ou trouver des solutions pour éviter la pollution due aux déplacements pourrait bien te rapprocher d’un entrepreneuriat responsable.

Tu peux ainsi proposer à tes partenaires :

  • de prendre le vélo ;
  • de privilégier les transports en commun ;
  • d’organiser du covoiturage entre collègues.

De plus, il est recommandé de privilégier la visio à l’avion dans le cas où tu aurais des réunions avec de la clientèle ou des prestataires éloignés. Grâce à la pandémie, c’est d’autant plus entré dans les mœurs : il ne faut plus hésiter à demander, voire imposer, de ne pas se déplacer !

Enfin, si un rendez-vous physique reste indispensable, le train est LA solution de déplacement la plus écologique ;)

« Par personne et par kilomètre, le train pollue 8 fois moins que la voiture et 14 fois moins que l’avion (et le TGV 3 fois moins qu’un train classique). » 

Source : Ademe

Piste 5 : Se questionner sur l’utilité des goodies et des soldes

Le monde capitaliste dans lequel nous évoluons est construit selon des schémas qui évoluent souvent bien difficilement.

Ainsi, nous avons tendance à croire que les goodies ou les soldes représentent des moyens marketing indispensables – surtout dans certains secteurs d’activité.

À la vérité, selon ta clientèle-cible, cela pourrait bien jouer en ta défaveur.

Tu tiens une boutique de vêtements écoconçus, fabriqués de manière locale et végans ? Peut-être bien que tes clients préféreront investir le prix adéquat, qui rémunère de manière juste chaque intervenant de la chaîne, plutôt que de profiter de soldes.

De plus, cela te permettrait d’éviter les surplus de production, qui finiront inévitablement à la poubelle.

Quant aux goodies, si tous ne sont pas adaptés, certains peuvent tout de même répondre à des objectifs de durabilité. Ainsi, un tote bag aux couleurs de ton entreprise engagée, par exemple, pourra se révéler utile pour tes clients. Mon conseil étant de ne pas le donner à tout le monde mais de le proposer pour que seules les personnes qui en jugent en avoir l’utilité l’adoptent.

Piste 6 : Revoir son impact numérique

Le numérique n’est malheureusement pas sans conséquences sur la Terre et le réchauffement climatique.

En effet, le bilan carbone du numérique représente environ 4 % des émissions de GES mondiales !

Il y a donc, là aussi, du travail à faire.

Heureusement, pour accéder à la sobriété numérique et se diriger vers un web éthique, il est possible de changer notre rapport à internet.

Voici une liste non exhaustive de bonnes pratiques qui peuvent t’aider à réduire tes émissions.

  • Un premier pas : pour savoir quelles sont les émissions de GES liées à ta navigation internet, tu peux utiliser l’extension Carbonalyser (un bon moyen pour analyser ton usage du numérique).
  • Renseigne-toi sur la politique écologique de l’hébergeur de ton site internet et switche éventuellement vers un prestataire plus vertueux (par exemple, notre site est hébergé par WPserveur, qui est engagé sur les questions d’écologie). Il y a aussi – pour ne citer qu’eux – planethoster, infomaniak ou encore ionos.
  • Utilise un moteur de recherche plus écologique comme Ecosia, Lilo ou encore Ecogine.
  • Limite le nombre d’emails échangés et supprime ceux que tu ne reliras plus. Tu peux également cesser d’envoyer des pièces jointes et, en cas de nécessité, transférer tes fichiers via un service écologique comme FileVert.
  • Sans oublier qu’un des aspects les plus polluants de notre usage du numérique concerne les appareils que nous utilisons pour nous y connecter! Ainsi, tu peux acheter des appareils les plus vertueux possibles (que ce soit l’ordinateur, le téléphone, etc.), en pensant à la seconde main, et faire réparer pour allonger la durée de vie de tes appareils ;)

Pour d’autres idées afin d’optimiser la façon dont nous utilisons le numérique, je recommande l’infographie en 1 page de l’ADEME “comment télétravailler léger”

Piste 7 : Compenser l’empreinte carbone de son projet à impact

Tu as déjà agi sur tous les fronts et tu ne vois plus bien comment réduire l’empreinte carbone de ton entreprise ?

Un dernier choix t’attend : celui de la compensation carbone.

Bien sûr, cette solution est loin d’être miraculeuse et fait face à de nombreuses critiques de la part des écologistes et des climatologues. Par exemple, si tu choisis de compenser l’impact environnemental de tes déplacements en avion, cela ne doit pas t’empêcher de diminuer le plus possible tes déplacements à la base !

Toutefois, bien employée et associée à toutes les autres actions citées, elle peut te permettre de limiter les dégâts.

La compensation carbone est la solution que j’ai moi-même adoptée pour ma Semaine de l’Entrepreneuriat Ecoféministe, un événement que j’organise une fois par an.

Cela m’a permis d’apprendre beaucoup de choses sur mon impact environnemental. Je te raconte tout ça dans mon article sur la compensation carbone !

3. Comment réduire l’empreinte carbone de son entreprise alors qu’on a déjà beaucoup à faire en tant qu’entrepreneure ?

Te voilà maintenant avec une liste longue comme le bras de choses à faire et changer… et je sens ton découragement poindre le bout de son nez ;)

Pas d’inquiétude : rien ne t’oblige à tout mettre en place en même temps. Ce serait dommage de faire un burn-out à cause de sa transition écologique !

C’est la raison pour laquelle je te propose de t’inspirer de la nature au moment de lancer ou de poursuivre ta démarche. Le monde naturel prend le temps, durant un an, de se reposer, de renaître, de grandir et de s’épanouir. Suivre ce rythme te permettra d’être plus efficace, plus enjouée, mais aussi de démultiplier ton impact beaucoup plus rapidement !

Tu te demandes comment réduire l’empreinte carbone de son entreprise en s’inspirant des 4 saisons ? Je te le détaille cela tout de suite !

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L’hiver : la régénération

En hiver, les journées sont plus courtes et la nature prend le temps de se reposer avant le printemps.

Toi aussi, suis son exemple : commence ta démarche écologique par le fait de ralentir et faire le point. Ainsi, ne passe pas tout de suite à l’action : construis d’abord les fondations de ton projet écologique et assure-les au maximum. 

Dès cette phase de conception, intègre ton questionnement environnemental pour choisir un modèle économique vertueux à la base

  • économie circulaire ;
  • économie du partage ;
  • service de location plutôt que vente de produits neufs ;
  • vente de services immatériels ;
  • etc.

Cela t’évitera, dans le futur, d’avoir à tout reprendre à zéro (ou presque) !

Le printemps : l’ensemencement

Lorsque la nature bourgeonne et que les jours s’allongent, elle nous invite à avancer à petits pas.

C’est le rappel qu’il ne faut pas se précipiter : tel un bourgeon qui s’épanouit doucement avant de devenir une fleur, prends le temps de faire les choses étape par étape.

La question de ton empreinte environnementale fait partie de ces phases nécessaires au développement de ton activité responsable. Mets en place les premières actions identifiées et valorise-les auprès de tes premiers clients et partenaires !

Plutôt que de viser la perfection de grande ampleur, autorise-toi à procéder à un changement à la fois. À tester, puis optimiser. 

C’est d’ailleurs un concept que l’on développe dans la formation EcoLeadership, dont l’objectif est d’aider les entrepreneures à avoir plus d’impact sans travailler plus d’heures. Un module est même entièrement consacré à l’impact environnemental ;) Plus d’infos par ici !

L’été : le rayonnement

Durant l’été, le soleil brille de mille feux et nous permet de bronzer sur la plage – et de se gorger de vitamine D.

La nature nous invite ainsi à rayonner : 

  • les différents tests et les actions engagées en phase « printemps » peuvent maintenant être consolidés et affichés (sur tes packagings, ton site internet, etc.) ;
  • communique auprès de tes clients et fournisseurs les actions entreprises en faveur de l’environnement ;
  • enfin, pourquoi ne pas participer à essaimer ces bonnes pratiques ? Tu peux ainsi créer du contenu qui va aider et encourager tes parties prenantes à faire de même ;)

Ainsi, c’est le moment de ne plus rester centrée sur soi-même, mais de se tourner vers ta communauté. Le but ? Motiver tout ce petit monde qui gravite autour de ton entreprise responsable à agir pour diminuer leurs émissions de GES et de polluants.

L’automne : les récoltes

Après avoir planté tes graines au printemps et fait rayonner ces changements en été, tu vas pouvoir  récolter les fruits de tes efforts et consolider ta démarche en vue de l’hiver à venir.

Cette saison est aussi l’occasion d’aller au bout de tes ambitions.

  • Engage les actions pour aller un cran plus loin dans ta démarche écologique, par exemple en cherchant des fournisseurs encore plus engagés sur chacune des étapes de cycle de vie de ton produit ou pour l’ensemble des outils numériques que tu utilises pour délivrer ton service dématérialisé
  • Puis fais connaître tes engagements en participant à un audit en vue d’obtenir une reconnaissance globale de tes engagements (comme devenir B Corp, Entreprise à Mission, ou obtenir une certification propre à ton secteur…).

Bref, tu l’auras compris : tu peux t’inspirer des cycles de la nature pour réduire l’empreinte carbone de ton entreprise étape par étape.


Tu ne sais pas dans quelle saison se trouve ton activité entrepreneuriale ? Pas de panique ! J’ai créé, spécialement pour toi, un test des saisons. Entièrement gratuit, il te permettra de savoir où tu en es (et, donc, d’identifier le comportement prioritaire à adopter) !

test saison freebie

Solène est la fondatrice de Creators for Good.

Elle a développé une méthode pour lancer et faire grandir sa propre activité porteuse de sens depuis n’importe où sur la planète – et ce sans avoir besoin de cofondateur, d’investisseurs ou de support gouvernemental. En savoir plus !

2 Commentaires

  1. Constance G

    Merci pour Solène pour cet article très intéressant. Je le relirai plusieurs fois pour tester les différentes solutions en fonction des thématiques. Très astucieux le parallèle entre la vie d’un projet/entreprise et les saisons. Nous avons malheureusement oublié de nous caler sur le temps long de la nature….

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